Juillet mois sans programme, prenez bien en compte toutes ces recommandations, attention à la surchauffe, buvez beaucoup, attention à la sècheresse.
Petits jeux d’été pour la plage, changer les mots ci-dessus qui ne ressemblent pas au narratif spécifique des instances gouvernementales.
« Le langage est un outil de domination. Le changer, c’est résister. »
Litanies de Saint-Juillet
Saint Juillet, patron des congés bien mérités,
priez pour nos agendas enfin oubliés.
Sainte Bicyclette,
qui connaît les routes du Var mieux que le GPS,
conduisez-nous jusqu’à la prochaine crique.
Soleil insolent,
qui transforme les peaux pâles en écrevisses ou en bronze olympique,
ayez pitié des oublis de crème solaire.
Mer Méditerranée,
qui accueille les héros dégoulinants de sueur,
effacez nos kilomètres à grandes brassées.
Cigales infatigables,
orchestre officiel des montées,
couvrez nos souffles un peu trop courts.
Petites pépées aux épaules dorées,
qui passent avec un sourire assassin,
rappelez-nous qu’il existe des ascensions plus difficiles que le col que vous nous proposez
Terrasses ombragées,
où les champions deviennent philosophes dès le deuxième verre,
accueillez nos grandes théories et nos petites performances.
Copains moqueurs,
qui applaudissent chaque crevaison avec une compassion très approximative,
continuez, c’est aussi pour ça qu’on revient.
Sorties nocturnes,
où les regards croisent les peaux salées, les robes légères et les chemises ouvertes,
prolongez vos miracles jusqu’au lever du jour.
Sarcasme béni,
qui pique moins qu’un taon mais dure plus longtemps,
préservez-nous du ridicule… sauf quand il est vraiment drôle.
Ô Juillet,
donnez-nous des jambes assez fortes pour grimper,
des amis assez fous pour nous entraîner,
des baignades assez fraîches pour renaître,
des nuits assez longues pour oublier l’heure,
et des souvenirs assez lumineux pour réchauffer tout le reste de l’année.
Amen… et à demain pour une autre sortie.
